Gee !

When Worlds Collide (le choc des mondes) 1951
Nul à chier. J’aime bien les fables SF mais là… Tout l’attrait “dernière danse avant la fin du monde” ou “invasion” n’est pas là. La planête Zyra fonce tout droit sur la Terre (ils l’ont pas découverte à temps^^), s’ensuit un projet fou qui consiste à construire un vaisseau pour s’installer sur une autre planète. Seulement quelques heureux élus (44) auront le loisir d’être de la partie afin de fonder une nouvelle civilisation humaine. Le voyage ne se déroule sans aucune tension, sans accroc. Il y a une page imdb sur un remake prévu pour… 2010.
Voici le temps des assassins (duvivier) 1956 Gabin/Danièle Delorme
C’est l’histoire d’un grand restaurateur parisien et célibataire Jean Gabin. Sa vie n’est reglée qu’au rythme des plats qu’il cuisine mais il s’en contente. Il a depuis longtemps lâché l’affaire concernant les femmes.
Le film est toute une plongée dans le Paris grouillant des Halles où l’accent parisien (atmosphère atmosphère, est ce que j’ai une gueule d’atmosphère^^ copyright Arletty, Hotel Du Nord je crois) résonne. Un jour, une jeune marseillaise se pointe et lui annonce que son ex femme est morte (cette marseillaise qui est en fait la fille de l’ex femme de gabin). Il bronche pas Gabin vu comment elle lui en a fait baver par le passé, lui faisant cracher des bifetons et mal au coeur. Sachant que la jeune fille est sans le sou, il décide de l’héberger pendant quelques jours, lui donne un ptit job dans son resto. Des liens se tissent et Gabin finit par l’épouser non sans mal, s’en foutant du qu’en-dira-t-on.
Sauf que la jeune fille tient de sa mère ! Et il s’avère que l’ex femme n’est pas morte ! Qu’elle est dans une chambre d’hotel de Paris dans un état encore plus critique que le Mifune de l’Ange Ivre. Et qu’elles ont toutes les deux manigancé ce plan (choper un porte feuille par les liens sacré du mariage) !
Pour arriver à ses fins, elle va brouiller Gabin avec son entourage. Elle ne l’épouse rien que pour toucher le magot de l’héritage. Faut voir comment elle se débarrasse du jeunot que Gabin a élevé comme son fils pour qu’elle soit la seule sur l’héritage. C’est simple, elle va monter les deux hommes entre eux : à Gabin je lui dis “Oh! Il est gentil, il est amoureux voilà tout. Je ne lui en veux pas de tenter de me conquérir” et à l’autre “Il est si différent dans le privé. Il est odieux : les coups, ses ronflements… J’ai été obligé de l’épouser ! Aide-moi!”… Forcément, les deux hommes autrefois amis se tapent sur la tronche.
Tout d’un coup, la jeune fille sans le sou qui choisit le porte feuille à l’amour (oui rien d’extraordinaire) mais là avec l’apparition de la mère, ca prend des allures de film noir (sans keufs). Quelle garce, quelle salope, quelle FEMME FATALE ! L”innocente” Lana Turner en tenue blanche dans le Facteur… détronée^^. Barbara Stanwyck Double Indemnity de même !
Je ne vais pas raconter la fin parce qu’elle m’a laissée
!
Lock pour un possible update dans la liste des Indispensables. Ce n’est pas les personnages romantiques et héroiques de Pépé le Moko, là la réalité écrase les personnages. Mais quel Duvivier ! Chef d’oeuvre. Film 5 étoiles - ou 3 étoiles je ne sais plus si ce sont les hotels ou les resto qui ont un barème plus étoilée - (ce qui tombe bien pour un film dont le personnage principal est restaurateur).
Advise & Consent / Tempête à Washington (otto preminger) 1962
Cousin’ Hub parlait du film de Levinson je crois un peu plus haut… Mais là c’est Preminger, l’humour n’y a pas sa place.
Un autre film dans les sphères de la politique donc : on y voit tout le processus de la nomination du Secrétaire d’Etat (en gros notre ministre des affaires étrangères). De la création d’une commission chargée d’évaluer le candidat (Henry Fonda), des prises de positions au Sénat jusqu’au complot du Président ricain (Franchot Tone) souhaitant imposer son poulain par n’importe quel moyen.
Une histoire minutieusement menée et comme aux échecs, les politiques se placent sur l’échiquier : il y a le jeune loup qui fait un peu trop de zèle pour montrer son attachement à son parti, les vieux de la veille de chacun des deux partis…
Capra, quelques années auparavant, sortait Mr Smith Goes To Washington. Preminger offre son versant maléfique. Des personnages écrasées par leurs fonctions, des allées et des allées de couloirs dans la bureaucratie ricaine… Des perso aussi froids et calculateur que leurs costumes noirs.
Charles Laughton donne sa meilleure prestation et Gene Tierney demande : “Suis-je une salope?” huh ! Le premier film américain de cette époque où j’entends BITCH, ça m’a fait tout drôle. Pourtant on entend souvent dans ce cinéma “Tramp” (pute, trainée) et d’autres insultes de la même veine… mais jamais “Bitch”.


